Les liens historiques et culturels entre l’Angola et le Brésil

L’Angola et le Brésil ont plusieurs faits historiques en commun et leur relation reste toujours bien étroite au niveau politique et culturel, même après l’indépendance des deux anciennes colonies de la couronne portugaise. Le fait de parler la même langue est sans doute un des facteurs principaux de ce rapprochement, mais pas seulement.

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DES FAITS HISTORIQUES, ECONOMIQUES ET DEMOGRAPHIQUES:

Le Brésil est un pays indépendant depuis 1822 et l’Angola l'est depuis 1975, le Brésil étant le premier pays à reconnaître l’indépendance de l’Angola. Les relations entre les 2 pays ont pourtant pris de l’ampleur seulement depuis 2007.

Depuis ce rapprochement, l’Angola a connue une forte hausse dans la présence d’entreprises brésiliennes, principalement actives dans les secteurs de la construction et de l’alimentation. Toutefois, cette présence diminue constamment depuis la crise pétrolière. Les entreprises angolaises font également appel à des travailleurs qualifiés brésiliens dans plusieurs domaines.

Suite à ces facteurs, une communauté brésilienne considérable s’est constituée en Angola, surtout à Luanda. Il existe également une petite communauté angolaise vivant au Brésil. Il s’agit principalement des étudiants boursiers et des travailleurs. Malgré le petit nombre d’expatriés angolais résidant sur le sol brésilien, des millions d’afro-brésiliens ont des racines angolaises. Cela est le résultat du transport et trafique transatlantique d’esclaves d’Angola vers le Brésil, qui a eu lieu jusqu’au siècle XIX.

LES LIENS CULTURELS:

Si vous vivez en Angola, vous avez certainement déjà écouté plusieurs chansons brésiliennes et regardé des feuilletons brésiliens sur les chaînes angolaises. En effet, la culture brésilienne est très présente dans la vie de tous les jours en Angola. En revanche, la culture brésilienne avait aussi été influencée auparavant par les esclaves angolais qui arrivaient au Brésil.

Voici quelques exemples de l'influence angolaise dans la naissance et dévelloppement de certains aspects de la culture brésilienne:

  • La samba, ce genre musical connu comme étant le symbole du Brésil et frère du rythme angolais semba, a été créé, entre autre, par des angolais qui après l’abolition de l’esclavage au Brésil sont partis vers Rio de Janeiro pour travailler dans les docks, comme vendeurs de rue ou comme domestiques. Ils ont amené avec eux leurs danses et leurs percussions africaines vers la ville. Ces sons ont été mélangés aux rythmes déjà existants sur place, créant ainsi la samba, qui s’est évoluée au fil du temps. D’ailleurs le mot « samba »  pourrait être originaire de l’umbundu (langue du peuple Ovimbundu), qui signifie « être animé, excité ».

 

  • La capoeira, cet art martial afro-brésilien ayant ses racines dans les techniques de combat et les danses des peuples africains du temps de l'esclavage au Brésil. Certaines sources affirment que le terme capoeira qualifie une forme de lutte populairement appelée « Brincadeira de Angola » (jeu ou amusement d’Angola), tenue secrète pendant l’esclavage et aguerrissant les esclaves libres à l’art du combat. D’autres assurent que la capoeira ne serait autre que le N’Golo, « danse du Zèbre » pratiquée au sein de plusieurs peuples de l’ancien Congo-Angola, à l’occasion de rites d’initiation de jeunes gens.

Il existe plusieurs façons de pratiquer la capoeira et une d’entre elles est aujourd’hui appelée « capoeira d’Angola ». Ce style est très proche de celui pratiqué par les membres des tribus existantes en Angola avant le début de la traite transatlantique. Son rythme est plus lent, avec des mouvements exécutés près du sol et en air.

 

  • Autres rythmes musicaux: L’échange musicale entre l’Angola et le Brésil reste très forte. Au Brésil, la kizomba et le kuduro deviennent peu à peu populaires et ramènent des plus en plus d’artistes angolais à se reproduire de l’autre côté de l’atlantique. En Angola, des rythmes modernes brésiliens comme le funk et le sertanejo sont déjà très populaires et des nombreux artistes du Brésil y viennent faire des spectacles.
  • Le CCBA: N’oublions pas qu’à Luanda, nous avons le très beau « Centro Cultural Brasil-Angola », situé dans le quartier des Coqueiros et ayant comme directrice Nídia Klein. Ce lieu est dévoué à l’échange culturel entre le Brésil et l’Angola et accueille des expositions d’art, spectacles de théâtre et danse, événements et autres. Si vous ne connaissez pas encore ce magnifique espace, saisissez la prochaine occasion! Il existe aussi son équivalent au Brésil, situé à Salvador de Bahia.

Pour plus d'info: https://www.centroculturalbrasilangola.co.ao

 

L'INFLUENCE DE L'INTERACTION DES DEUX PAYS SUR LEURS CROYANCES:

Ces intenses échanges historiques ont aussi eu une grande influence dans la foi de ces deux peuples. Il y a quelques siècles, l’Angola a influencé le Brésil dans le champ religieux et aujourd’hui c’est plutôt le contraire qui se produit. Voyons comment!

  • Le candomblé: Le candomblé est une religion pratiquée aujourd’hui dans toutes les régions du Brésil, connaissant une grande popularité surtout au nord du Brésil, où il avait une forte concentration d’esclaves et compte à présent avec des nombreux descendants d’angolais. Le candomblé pratiqué au Brésil aujourd’hui a été inspiré du candomblé Bantu, qui avait été développé pendant l’empire portugais, entre les esclaves appartenant au royaume Kongo et Mbundu. Actuellement, cette religion n’est plus vraiment présente en Angola et est même considérée comme de la sorcellerie.
  • L’évangélisme: À nos jours, les églises évangéliques sont très présentes en Angola, surtout les églises brésiliennes. Avec l’accès accru à la télévision et à l’électricité par la population, les angolais regardent de plus en plus les chaînes de télévision brésiliennes. Certaines de ces chaînes ont une programmation religieuse et sont liées à des églises brésiliennes existantes à Luanda et dans les provinces, ce qui attire des nombreux fidèles. Cette religion devient de plus en plus populaire en Angola, tout comme au Brésil.

Voilà, maintenant vous savez un peu plus sur l’interaction de ces 2 pays si éloignés géographiquement mais tellement proches historiquement et culturellement!

 

BONUS! 3 CURIOSITES SUR L'ECHANGE ANGOLA-BRESIL:

 

  • L’entreprise TAAG est la seule compagnie aérienne assurant des vols réguliers et directs vers le Brésil, plus précisément vers São Paulo et Rio de Janeiro.
  • La plus grande usine hydroélectrique en Angola a été construite par un groupe brésilien, encore pendant la guerre civile.
  • Il y a une classe de travailleuses en Angola qui sont populairement connues comme les « femmes-valises ». Ce sont des femmes qui vont au Brésil pour acheter des vêtements et accessoires à la mode en Angola. Ces produits, popularisés grâce aux télénovelas, sont très souvent vendus dans le marché informel à Luanda. Ci-dessous une petite vídeo explicative de ce phénomène (source: BBC Afrique):

Les femmes-valises d'Angola

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