Les expats ont du talent : Estelle Dogbe

Mariée et 2 enfants, Estelle est représentante du Samusocial International en Angola.

Comment tout a commencé ?

"C'était un rêve de petite fille : travailler dans l'humanitaire. Après un Master en Droit International spécialisé en Gestion de projets humanitaires en poche, j'ai enchaîné les missions pendant plus de 10 ans dans différents pays d'Afrique : Nigeria, Sierra Leone, Liberia, Tunisie, Sénégal, Botswana, Congo...."

Accor 5
Equipe de formateurs et personnel d’un hôtel Accor suite lors d'une formation sur la prévention VIH/SIDA et paludisme au Nigeria.

 

Elle exercera, entre autres, les fonctions d'Attachée à l'Ambassade, consultante auprès de l'OMS et UNICEF, au sein de Médecins sans Frontières ou d'ONG de défense de Droits de l'Homme, etc. Son parcours est riche et passionnant.

Pourtant lorsqu'elle arrive en Angola, voilà bientôt 3 ans, elle est perdue : "la plupart des ONG sont parties à la fin de la guerre et pourtant la misère est bien là. Jusqu'en Avril 2015 quand un poste se libère, au Samusocial".

Samu social logoCela va faire un an qu'elle gère le Samusocial International en Angola, créé en 2011 et co-financé par l'Union Européenne. Installé au sein du CACAJ, un centre pour jeunes garçons des rues, le Samusocial a mis au point un système de maraudes. Toutes les nuits, dans leur ambulance, une psychologue, un infirmier et un chauffeur éducateur serpentent les rues de Luanda pour venir en aide aux enfants les plus vulnérables. Le Samusocial et le CACAJ deviennent pour eux une chance de parler, d'être aidés voire de sortir de la rue.

Tous les jours, Estelle combine vie de famille et vie sur le terrain. "Après avoir déposé mes enfants à l'école,  je me rends au centre pour superviser les équipes, être au contact des enfants hébergés mais aussi, et surtout, aller à la rencontre des entreprises pour soulever des fonds. Deux nuits par mois, je participe aux maraudes et sillonne les rues de Luanda dans l'ambulance du Samusocial".

"L'Angola n'est pas un pays facile. Tout est plus compliqué et tout prend du temps. J'ai surtout dû apprendre de nouvelles méthodes de travail et de communication". Malgré cela et les temps difficiles, sa motivation ne lâche pas.

Ses projets professionnels en Angola ?

Faire que le Samusocial fonctionne comme il se doit, qu'il continue de sillonner les rues de Luanda et d'apporter un soutien mais surtout établir un dialogue avec des enfants, beaucoup trop jeunes pour être dans la rue. Développer le CACAJ afin qu'il offre de bonnes conditions d'hébergement et d'accueil et donne un avenir à ces jeunes.

Quelle est votre rencontre la plus marquante ?

EstelleIl y en a deux. Lors de ma première tournée de nuit en ambulance, j'ai rencontré un garçon de 6 ans qui se comportait comme un adulte. Il a refusé de quitter la rue. C'était un enfant qui avait grandi bien trop vite. C'est difficile de prendre du recul dans ces cas-là lorsque nous sommes maman.

La deuxième est ma rencontre avec Naama de la Fundacão Arte e Cultura. C'est tout naturellement que nous nous sommes rencontrées car la Fundacão organise une sorte de maraude de jour à travers la musique à 1° de Maio. De ce point commun est née la "Casa da Musica", studio de musique et d'enregistrement installé au sein même du CACAJ qui permet aux jeunes de faire de la musique et aux artistes de louer le studio d'enregistrement. Naama, Directrice de la Fundacão, est une personne au grand cœur, qui donne sans compter, sans doute ma plus belle rencontre ici.

Marché de CateteUne anecdote ?

Avoir fait mes courses au marché "Trenta Praca"sur la route de Catete avec 3 sacs en plastique autour de chaque pied en guise de bottes tellement il y avait de la boue suite à la pluie !
Une grande expérience et les plus belles chaussures de toute ma vie !
Quel conseil donneriez-vous à un futur expatrié ? 
Ne pas tout anticiper et ne pas se poser trop de questions à l'avance. Se laisser la surprise de découvrir le pays quand on est sur place.
Quelle est votre devise ?

Avancer, continuer, ne rien lâcher ! Et garder le sourire !

20160113-Estelle Samusocial-ALS-0499-BRLe Samusocial a besoin de nous ! Leur ambulance est tombée en panne et l'équipe ne peut donc pas continuer à faire les rondes de nuit. C'est un appel d'urgence que la Samusocial nous envoie .

Vous pouvez contacter Estelle :

e.dogbe@samu-social-international.com

Vivre en Angola organise un événement "Vos Œuvres pour Nos Œuvres" au profit du Samusocial. Si vous êtes artiste professionnel ou amateur, c'est l'occasion de créer une pièce unique qui sera vendue aux enchères le 14 avril 2016.

Toutes les modalités sont sur notre site !

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Crédit photo : Anne-Laure Seret, Presse, Estelle Dogbe, Cristiano Mangovo.

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