Le Mozambique, autre pays lusophone

Plage de Vilanculos à marée basse

Notre chronique du mois de février étant consacrée à la lusophonie, nous vous proposons aujourd’hui de vous faire voyager vers un autre pays d’Afrique s’étendant sur 2500 kilomètres le long de l’Océan Indien et faisant face à Madagascar : le Mozambique !

Un peu d'histoire

En parcourant l’histoire du Mozambique, vous verrez que ce pays présente certaines similitudes avec l’Angola. Comme ce dernier, il a en effet été colonisé par les Portugais et a connu une guerre d’indépendance suivie d’une guerre civile au cours de la deuxième moitié du XXème siècle.

Il serait bien vain de résumer plusieurs siècles d’histoire en quelques lignes mais retenons certains faits qui ont largement contribué à l’incroyable métissage de la population, à la pluralité des religions, des dialectes et langues du pays et au positionnement géographique particulier de la capitale :

  • Les premiers habitants de cette région d’Afrique ont été les Sans, un peuple de chasseurs-cueilleurs, qui ont été repoussés vers le sud du pays, entre le Ier et le IVème siècle après JC, par des vagues de Bantous venus du nord.
  • Des navigateurs indiens et arabes ont ensuite accosté et bâti de nombreux comptoirs sur cette côte d’Afrique aux alentours du IXème et Xème siècle.
  • Le portugais Vasco de Gama découvrit les côtes dès sa première expédition en 1498 et s’empara des comptoirs arabes lors de son second voyage.
  • Les portugais décidèrent en 1907 de déplacer leur capitale à Lourenço-Marques (actuelle Maputo) pour se rapprocher de l’empire britannique de l’Afrique du Sud et de la Rhodésie et resserrer leur lien économique.
  • Le régime colonial se durcit considérablement en 1933, suite à l’arrivée au pouvoir au Portugal de Antonio de Oliveira Salazar et le nombre de colons portugais augmenta de manière spectaculaire.

Après cinq siècles de colonisation portugaise et au terme d’une guerre d’indépendance, le Mozambique devint autonome le 25 juin 1975. La jeune République Populaire du Mozambique est alors un régime communiste que l'ancien mouvement indépendantiste, le FRELIMO (Frente de Libertação de Moçambique), dirige en tant que parti unique.

Néanmoins, rapidement, commence un conflit armé entre le FRELIMO et la RENAMO (Resistência Nacional Moçambicana), groupement paramilitaire anti-marxiste, soutenu par des puissances étrangères, qui dégénère en une guerre civile sanglante qui ne prendra fin qu’en 1992.

À la fin de cette guerre, les accords de paix permettent l'instauration d'une démocratie de type occidental : le FRELIMO, ayant abandonné l'idéologie marxiste-léniniste, demeure au pouvoir par la voie des urnes, tandis que la RENAMO est démilitarisée et devient un parti légal. Certaines tensions persistent néanmoins et ont été ravivées fin 2013 au nord du pays.

Pas moins de 43 langues !

Du fait de son histoire, le Mozambique compte 43 langues nationales encore largement utilisées, notamment dans les campagnes ou dans la vie quotidienne.

Le portugais occupe une place particulière puisqu’il s’agit de la langue officielle et qu’il est considéré comme l'un des éléments de l'unité nationale. En effet, au moment de l’indépendance, le FRELIMO a vu dans cette langue une arme pour unifier le pays et construire la nation. L’instrument qui avait servi pendant la domination coloniale deviendrait dans les mains des nationalistes son opposé : un trophée de l'indépendance, une affirmation.

C’est ainsi que le pourcentage de personnes parlant portugais est passé d’environ 20% à un peu plus de 50% en 2007 (cf. recensement). De très fortes disparités persistent néanmoins entre les villes et les campagnes.

Et pourquoi pas un petit voyage au Mozambique !

Ce cadre étant posé, pourquoi ne pas envisager de partir en vacances au Mozambique ? Voici, nous l’espérons, de quoi vous convaincre !

  1. Le Mozambique n’est pas si loin que ça de l’Angola et il existe des liaisons aériennes directes ou via l’Afrique du Sud. En outre, les visas touristiques s’obtiennent sans difficulté à condition, bien entendu, de connaître les modalités et d’agir en temps et en heure.
  2. Le pays compte des sites magnifiques et pourra ravir les routards comme les adeptes de lodges confortables et ce, avec ou sans enfants !
  3. Pas de panique si vous n’êtes pas très à l’aise en portugais : les mozambicains parlent plutôt lentement, avec un accent qui n’a rien à voir avec celui du Portugal et qui est, de fait, bien plus compréhensible pour des francophones. En outre, il est possible de parler anglais dans bon nombre d’endroits fréquentés par les étrangers. Ceci est notamment le cas à Maputo (du fait de la proximité géographique et économique de la ville avec l’Afrique du Sud) et dans les sites du littoral prisés par les vacanciers sud-africains.
  4. Il y a bien entendu des règles sanitaires et de sécurité à connaître et à respecter, mais lorsqu’on habite en Angola, on est largement rodé !

Maputo

Maputo vue de Catembe

Maputo est une ville au charme subtil caractérisée par ses contrastes et ses couleurs. Elle bénéficie d’une position privilégiée en bord de mer et à 1h30 en voiture de la frontière sud-africaine (elle-même à deux pas du Parc Kruger !). Comptant un peu plus d’un million d’habitants et incluse dans une agglomération de 2 millions de personnes, elle n’en reste pas moins à taille humaine.

Gare centrale de MaputoMalgré la guerre civile et l’apparition ces dernières années d’innombrables immeubles et complexes  d’une modernité pas toujours heureuse, cette ville conserve un beau patrimoine architectural. On peut ainsi y admirer de nombreux bâtiments Art Déco dont certains remis en valeur tels que le Clube Ferroviário ou le pavillon gauche de l’hôpital central. Parmi les vestiges coloniaux, on retiendra bien entendu la gare centrale ou la Casa de Ferro, réalisée sur les plans de Gustave Eiffel.

Mais bien d’autres endroits valent le détour tels que :

  • les musées d’Histoire Naturelle, de la monnaie, géologique, des Arts ou de la gare centrale,
  • la fortaleza « Nossa Senhora da Conceição »,
  • la cathédrale,
  • le centre culturel franco-mozambicain (CCFM) qui propose des expositions et des spectacles tout au long de l’année et comprend une cafétéria agréable et un magasin d’artisanat mozambicain,
  • les nombreux parcs et jardins qui ont été remis en état ces dernières années et où il fait bon prendre un verre et déambuler : jardim Tunduru, Jardim dos Namorados, jardim dos Cronistas (connu par les expatriés sous le nom de Campo de’ Fiori), Jardim dos Professores, Parque dos Continuadores et son marché artisanal permanent.

Pour goûter un peu plus au charme particulier de cette ville, nous vous conseillons un site facebook récemment créé par deux francophones : Maputo my love.

Des sites d'exception

Bilene côté océanOuvert sur l’océan indien, le Mozambique se caractérise par un très beau littoral encore largement préservé. On peut ainsi y découvrir des endroits magiques, reculés mais accessibles en avion, bateau ou voiture. En outre, l’offre touristique est relativement développée avec des hôtels, des lodges, des
activités telles que le kitesurf, le snorkeling, la plongée, l’équitation, la pêche, les ballades en dhow…

Comparativement à l’Angola, il est ainsi plus facile de se loger car les sud-africains sont très friands de cette côte et ont donc largement développé les structures d’accueil. Mais ils ne sont pas les seuls ! Un peu de chauvinisme ne faisant pas de mal, on ne résiste pas à vous présenter deux couples incroyables de français qui ont tout quitté pour créer de toute pièce leurs propres lodges au Mozambique:

Parmi les sites les plus connus du Mozambique, on peut notamment citer :

  • L’île d’Inhaca et la pointe de Santa Maria, de l’autre côté de la baie de Maputo,
  • La plage de Ponta do Ouro, à l’extrême sud du Mozambique,
  • Le lagon de Bilene à deux heures en voiture au nord de Maputo,
  • Inhambane et la plage de Tofo,
  • Vilanculos, à une dizaine d’heures en voiture de Maputo mais également accessible en avion de Maputo ou de Johannesburg. Cet endroit, ainsi que l’archipel de Bazaruto que l’on peut rejoindre en bateau, est un véritable bijou !
  • Ilha de Moçambique, ancien comptoir fondé à la fin du XVesiècle par les Portugais et situé plus au nord.

(Petit conseil néanmoins : évitez la période de l’été austral (décembre, janvier) ou alors anticipez vos réservations car les sites sont pris d’assaut à cette période).

Pour les plus aventuriers, il existe également d’autres endroits insolites à découvrir mais pensez à vous renseigner au préalable. Le nord du pays est ainsi régulièrement déconseillé aux voyageurs en raison des tensions avec la RENAMO.

Pour terminer sur une autre touche de rêve et découvrir de magnifiques photos du Mozambique, voici également le site internet de Steven Levourc'h, photographe français installé à Maputo.

Le saviez-vous ?

  • Dans plusieurs de ses œuvres littéraires, Mia Couto mêle langue portugaise et influence mozambicaine, utilisant le lexique et le vocabulaire des diverses régions du Mozambique et produisant ainsi un nouveau modèle d'écriture africaine. C’est actuellement l'auteur mozambicain le plus traduit et publié à l'étranger. Son premier roman Terra somnambule est considéré comme l'un des dix meilleurs livres africains du XXe siècle.
  • Peintre, réputé pour ses immenses toiles et fresques de foules coloréesAtelier de Malangatana, mais aussi céramiste, sculpteur et poète, Malangatana Valente Ngwenya est sans doute l'artiste le plus renommé - sur le plan international - du Mozambique. Il fut notamment chargé, après l'indépendance du Mozambique en 1975, de nombreuses œuvres publiques, dont les peintures murales du musée d'Histoire Naturelle et du Centre d'études africaines de l'Université Eduardo Mondlane.
  • Graça Machel, veuve de Samora Machel, membre du Frelimo et premier président de la République populaire du Mozambique a épousé en seconde noce en 1998 le président d’Afrique du Sud : Nelson Mandela. Elle a donc été deux fois Première Dame dans deux pays différents !
  • Comme en Angola, certains mots de vocabulaire ne sont pas du registre portugais classique mais typiquement mozambicains. Les tissus africains ou pagnes ont ainsi un joli nom : Capulana. Quant aux minibus qui font office de taxi/transport en commun, ils ne sont pas nommés candongueiros mais chapas. On vous rassure, même si leur nom diffère, ils s’arrêtent aussi n’importe où et on s’étonne toujours du nombre de personnes qui peuvent monter dedans, la capacité théorique étant d’une quinzaine de personnes !!

Crédit photos : Florence Bourdin, Liliane Gillmann

www.vivreenangola.com est un site d'informations indépendant géré par une équipe bénévole qui s'adresse à tous les expatriés d’Angola.

Ce site est le vôtre et il ne peut exister que grâce à votre contribution.
N'hésitez donc pas à nous transmettre des modifications, ajouter des informations, ou toutes autres remarques pour son amélioration !

Pour nous contacter : contact@vivreenangola.com.