Chronique « Março-Mulher » : La place particulière des femmes Himbas

Femme Himba

Cette semaine, dans le cadre du mois de la femme, nous vous amenons à la rencontre d’une ethnie de l’extrême sud de l’Angola : les Himbas. Nous avons choisi de vous présenter cette ethnie parce que les femmes y jouent un rôle particulier.

Les femmes rouges du Namibe

Femme HimbaLes Himbas sont une ethnie bantoue apparentée aux Hereros.
On les appelle les femmes rouges car elles s’enduisent la peau d’une pâte réalisée à base de graisse animale et de poudre d’hématite pour se protéger du soleil, de la sécheresse et des insectes.
Environ 10 000 Himbas vivent dans le Kaokoveld (la forêt de Kaoko) en Namibie et 3 000 autres habitent sur la rive angolaise du fleuve Cunene qui fait office de frontière entre les deux pays sur près de 200 km.

Une ethnie sans terre, se déplaçant de part et d’autre du fleuve Cunene

Aux alentours du XVème et du XVIème siècles, les Himbas accompagnent les Hereros lors de la traversée du fleuve Cunene. Les terres où ils arrivent sont déjà occupées, et ses habitants chassent les Hereros. La plupart Bétail Himbad’entre eux poursuivent leur route jusqu’au centre de la Namibie. Seul un petit groupe décide de s’installer dans le Kaokoland, signifiant «terre lointaine» : les Himbas.

Au milieu du XIXème siècle, attaqués et dépourvus de troupeaux, ils se trouvent dans l’obligation de se réfugier en
Angola
. Là ils commencent à pratiquer la chasse et la cueillette, occupation plutôt humiliante pour un peuple de pasteurs. C’est de cette époque qu’ils tirent leur nom : « Himba » signifiant « Les mendiants ».

Dans les années 1920, à la faveur de la colonisation sud-africaine, les Himbas traversent à nouveau le fleuve Cunene, dans l’espoir de regagner leurs terres. Peu à peu, ils se reconstruisent et deviennent, dans les années 1970, les pasteurs les plus riches d’Afrique.

Mais cette félicité ne dure que très peu de temps puisqu’en 1980, une terrible sécheresse et la guerre opposant l’armée sud-africaine aux indépendantistes namibiens de la « SWAPO », déciment à nouveau leur cheptel…

Une organisation clanique originale

Leur structure sociale s’organise autour d’une double appartenance à deux clans : l’un patrilinéaire (la lignée du père) et l’autre matrilinéaire (la lignée de la mère).

Selon la croyance, chaque individu hérite son sang de sa mère, tandis qu’il reçoit ses caractéristiques spirituelles de son père.

Ce que transmet l’Eanda, le matrician en langue bantoue

Les femmes transmettent les droits de propriété et d’héritage. Elles détiennent en pratique le pouvoir économique : propriétaires du troupeau, les femmes jouent un rôle essentiel dans la société. Les Himbas sont en effet une société pastorale, qui vit traditionnellement de l’élevage.

Ce que transmet l’Oruzu, le patrician en langue bantoue

Village Himba

Les hommes de leur côté transmettent à leur fils les pouvoirs spirituels et politiques.
Au moment du mariage la femme adopte l’oruzo de son mari et va vivre dans le kraal de son époux (kraal désigne l’enclos central pour le bétail mais s’applique par extension à l’ensemble du village). En conséquence les villages présentent une homogénéité de personnes appartenant au même patriclan. Au contraire les membres d’un même matriclan sont géographiquement dispersés.
Cette double organisation clanique interdit ainsi toute concentration du pouvoir et n’autorise aucun centralisme politique. Aucun clan n’a de prééminence sur un autre en quelque matière que ce soit.

Les clans matrilinéaires

HimbasChez les Himbas, il existe sept clans matrilinéaires. Toutefois la plupart de ces clans se retrouvent sur un espace
géographique assez vaste, allant des Hereros du Botswana aux Kuvale d’Angola. Les clans ont une origine mythique, et il est intéressant de noter que tous les protagonistes des légendes sont des femmes et symbolisent ainsi l’ordre et la descendance féminine.

L’ensemble de ces clans a une génitrice commune dont le nom est inconnu. Ce sont ses filles et petites-filles qui ont donné un nom aux clans. Ce nom est l’évocation symbolique d’une action commise par la génitrice du clan. Il représente souvent un élément naturel, le soleil, l’eau (importante dans cette région, elle donne naissance à deux clans : la pluie et la source) ou alors un élément précis du cadre de vie qui devient objet fondamental de pratiques culturelles.

Source : Site Le Matricien

www.vivreenangola.com est un site d'informations indépendant géré par une équipe bénévole qui s'adresse à tous les expatriés d’Angola.

Ce site est le vôtre et il ne peut exister que grâce à votre contribution.
N'hésitez donc pas à nous transmettre des modifications, ajouter des informations, ou toutes autres remarques pour son amélioration !

Pour nous contacter : contact@vivreenangola.com.